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Quelles solutions pour financer son activité de TPE-PME alors que les taux d’intérêt restent élevés ?

Les TPE-PME ne peuvent pas vivre seulement sur leurs fonds propres. À chaque étape de leur activité, elles ont besoin de trouver des financements pour se construire et avancer.

Lors de sa création, une entreprise peut avoir besoin d’acheter du matériel. Au quotidien, les besoins en trésorerie peuvent surgir pour faire face à des impayés. Puis en phase de croissance, de développement, des investissements sont nécessaires pour se déployer à l’étranger ou renouveler les outils de production.

Pour faire face à ces besoins, le recours au crédit est encore majoritaire en France. En 2019, les crédits bancaires représentaient 63% des financements des sociétés non financières (source Banque de France).

Malgré un recul, depuis la fin du 1er semestre 2023, le crédit entre entreprises, mais surtout auprès des banques, des organismes financiers et des organismes publics reste en tête des solutions adoptées par les sociétés non financières. 

Cet instrument financier s’appuie sur un réseau bancaire français très réglementé, solide et sûr.

Mais depuis 2023, les conditions de financement sont difficiles, la dette est de plus en plus chère.

La demande de crédit est d’ailleurs tombée à son plus bas niveau, au 1er trimestre, à cause de la remontée des taux directeurs.

Le ralentissement économique annoncé pour 2024 risque d’accentuer ce recul.

Pourtant, les besoins de financement restent les mêmes. Y compris en période de crise. Surtout en période de crise.

Heureusement, l’emprunt bancaire n’est pas la seule solution pour se développer. Les sources de financement sont multiples, la marge de manœuvre pour trouver des capitaux est grande.

Alors quelles sont ces options ? 

Vous allez voir que de nouvelles solutions sont apparues depuis quelques années qui créent à la fois de l’engouement auprès des startups, mais aussi du grand public.

Regardons de plus près.

 

 

1- Le recours à l’emprunt : une valeur sûre

En France, à la différence des États-Unis, les PME, tout particulièrement, se financent auprès des banques.

 

A- Le crédit à court et long termes

Les emprunts à courts et longs termes auprès des établissements financiers ont fait leurs preuves et continuent à rester majoritaires dans le financement des activités des entreprises.

 

1- Le crédit auprès des différents acteurs de l’économie

À court terme, les crédits de trésorerie accordés par les banques sont des avances servant à aider les entreprises qui ont dépassé leurs possibilités de trésorerie et doivent faire face à des échéances. Ce type de crédit recoupe les crédits bancaires à court terme, les facilités de caisse ou découverts autorisés et l’escompte des effets de commerce. 

Ces derniers sont représentés sous forme de traites, de billets à ordre. La banque moyennant commissions et intérêts prête les sommes que les clients doivent payer plus tard à l’entreprise.

Le crédit fournisseur peut ne pas sembler être un emprunt. Pourtant il en est bien un. Il se concrétise par un délai de paiement de 30 à 90 jours.

L’affacturage consiste à faire appel à un organisme financier qui, moyennant agios, s’occupe du recouvrement des créances auprès des clients. La société d’affacturage récolte les effets de commerce et verse immédiatement le montant à l’entreprise. Elle se charge ensuite de récolter les fonds auprès des débiteurs.

À long terme, les emprunts bancaires, le crédit-bail ou leasing, les prêts garantis par l’état sont les outils privilégiés par les TPE-PME pour financer leur matériel, investir dans la recherche et le développement.

Tous ces outils « classiques » ont fait leurs preuves. Mais leur montant est souvent lié et limité au montant apporté par le dirigeant en fonds propres.

Outre la rigidité du process, en cas de taux d’intérêt élevés, ils coûtent très cher. Les délais d’octroi sont longs et les conditions strictes.

 

2- L’emprunt obligataire

L’emprunt obligataire est une autre forme de crédit. Les créanciers sont multiples et variés. Tout le monde peut acheter des obligations.

Dès son émission, l’échéance et le taux sont fixés. Le taux dépend du taux du marché obligataire à l’instant de l’émission.

Cette technique de financement ne doit pas être négligée par les TPE-PME, même si en ce moment les conditions financières ne sont pas favorables.

 

 

B- Les derniers chiffres 2023 : la difficulté à se faire financer pour les TPE-PME

« L’année 2020 a été marquée par des répercussions financières, économiques et sociales de la crise sanitaire. Elle a enregistré un recul sans précédent de l’activité économique.

Dans ce contexte, le secteur bancaire français, fort d’une situation de solvabilité et de liquidité solide, a contribué par son activité de crédit et de financement à atténuer le choc d’activité sur l’économie réelle et a accompagné la reprise de l’activité ». Conclusions du rapport de l’ACPR sur le marché français de la banque et de l’assurance, octobre 2021.

Pour soutenir la crise de la Covid, partout dans le monde, le secteur bancaire n’a pas hésité à assouplir ses conditions de crédits. 

L’état français a développé le PGE, prêt garanti par l’état. À fin décembre 2021, plus de 700 000 entreprises françaises ont pu en bénéficier, dont 88% de TPE (source Fédération bancaire Française, mars 2022). Ce prêt a servi de bouée de sauvetage aux entreprises en difficulté face à l’arrêt de l’économie.

Mais depuis 2022, les entreprises font face à d’autres défis.

  • Le prix des matières premières s’est envolé dans un contexte de guerre en Ukraine. L’inflation a été continue en 2022 s’établissant en moyenne à 5,2%. 38% des dirigeants de TPE-PME ont jugé leur trésorerie faible, en octobre 2022 (enquête menée par la CPME).
  • Dès l’été 2022, face à l’inflation galopante, les banques centrales ont décidé de remonter les taux directeurs. Cette hausse soudaine des taux, de 0 à 3,75% en quelques mois, a été compliquée à gérer pour les entreprises. Les dettes à long terme sont alors utilisées avec parcimonie. D’autant que les banques se montrent plus exigeantes à l’égard des entreprises endettées.

La gestion de la trésorerie est devenue le nerf de la guerre. L’argent devenant plus cher, les entreprises ont du gérer au mieux celui déjà sur leurs comptes. Mais surtout, elles ont rencontré des difficultés de financement à plus long terme.

Même si début 2024 l’inflation semble ralentir, la BCE reste prudente sur la mise en place d’un calendrier de baisse des taux. Elle attend d’avoir une vision plus claire de l’avenir (Guillaume Benoit, dans Les Échos papier du samedi 27 janvier 2024) au détriment d’une possible reprise de la croissance économique.

Alors, dans ce contexte, où l’institution ne semble pas vouloir bouger avant juin 2024, quelles solutions sont à disposition des entreprises ? Comment continuer à produire, à investir dans un contexte de ralentissement de l’inflation encore incertain ?

 

2- Les autres sources de financements, pour un renforcement de l’indépendance financière

Les TPE-PME ont aujourd’hui à leur disposition des sources de financement qui leur garantissent non seulement leur indépendance vis-à-vis des acteurs financiers traditionnels, mais aussi vis-à-vis des décisions en matière de gestion des taux d’intérêt par les institutions européennes.

 

A – Le marché boursier, également pour les petites entreprises

Les TPE-PME pensent souvent à tort que le marché boursier n’est pas prévu pour elles. Pourtant les particuliers, souvent emprunteurs, sont également bons prêteurs. Et pas seulement auprès des entreprises du CAC40. 

Ils participent au financement des entreprises tout en cherchant un rendement à long terme, sur des niches moins recherchées, donc plus prometteuses en matière de rendement.

Les startups françaises, de la Tech par exemple, sont particulièrement intéressantes pour des investissements à long terme. Très pointues et innovantes dans leur domaine, elles n’auront pas à rougir de leur succès face à leurs concurrentes américaines ou asiatiques.

Les TPE-PME ne doivent donc pas hésiter à ouvrir leur capital par l’émission d’actions et donc l’entrée au capital de personnes physiques, mais aussi de fonds d’investissement. Ces derniers, gérés par des professionnels, seront plus enclins à prendre des risques en plaçant des ressources auprès de PME peu connues du grand public, mais dont l’avenir y compris au plan international sera prouvé.

 

B- Le crowdfunding ou financement participatif

Le crowdfunding est d’ailleurs une autre solution pour ouvrir son capital. Il permet de récolter des fonds de petits montants auprès d’un très grand nombre de personnes.

Ces fonds peuvent être récoltés sous forme de dons, de prêts avec ou sans intérêt et de prises de participation. Au moment où j’écris ces lignes, le recours au crowdfunding par les TPE-PME basé sur l’emprunt n’est pas plus intéressant qu’un crédit bancaire. Les taux d’intérêt sont encore hauts.

Mais le taux d’épargne des particuliers est anormalement élevé.

L’OFCE émet plusieurs hypothèses à ce sujet :

  • inquiétude persistante des Français face aux évolutions de la protection sociale et aux réformes l’assurance chômage
  • hausse de revenus financiers
  • suppression de la taxe d’habitation pour les ménages les plus aisés.

De l’argent est donc disponible. Les ménages français souhaitent investir dans des projets qui leur tiennent à cœur de façon simple, pour de petits montants qui leur font prendre peu de risques.

D’ailleurs, en 2023, les financements participatifs se sont élevés à 233 millions d’euros.

La Banque Postale en rachetant KissKissBankBank, en 2017, a bien compris comment accompagner ses clients de proximité dans une relation durable, en les aidant à financer leurs projets.

 

 

C- Les Business Angels

Et si les entreprises se tournaient vers des Business Angels ?

Je ne vous parle pas de télé-réalité. Non, non.

Généralement les Business Angels sont d’anciens entrepreneurs à la retraite. Ils connaissaient les difficultés structurelles ou conjoncturelles auxquelles un dirigeant doit penser. Ils apportent non seulement un savoir-faire et des conseils pour dynamiser une activité, mais ils financent aussi des problèmes de trésorerie passagers ou des investissements conséquents.

Leur rémunération est basée sur les bénéfices de l’entreprise, sous forme de dividendes. Les Business Angels sont donc des actionnaires.

 

Conclusion

Le choix des moyens de financement à plus ou moins long terme va en grande partie dépendre de la solvabilité, de la rentabilité de l’entreprise, et de la phase de développement dans laquelle elle se trouve.

Le secteur économique et les débouchés vont faire aussi la différence.

Même si les établissements financiers sont frileux, même si les taux dissuadent d’emprunter dans l’immédiat, le crowdfunding qui se développe de plus en plus depuis quelques années peut apporter du souffle à l’entreprise et, dans bien des cas, les capitaux nécessaires à son démarrage.

Il faut garder en tête que les TPE-PME peuvent avoir recours aux mêmes instruments de financements que les grandes.

Mais dans une société en recherche de sens et d’optimisme, où l’écologie et l’ESS sont de plus en plus prisées, se tourner directement vers les particuliers semble une solution à privilégier, alors que les économistes cherchent avant tout à préserver les pays d’un risque de poursuite de l’inflation.

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